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FLASHS SUR L’HISTOIRE DE PFETTERHOUSE
ou
VOYAGE AU PAYS DES SCHNEEGANS
par André Dubail


1 - Un acte de naissance prestigieux.
2 - Les deux églises.
3 - Le mystère de Gerschwiller.
4 - La guerre de Trente Ans.
5 - La Révolution.
6 - La borne des Trois Puissances.
7 - Joseph Meister et Louis Pasteur.
8 - L’âge d’or de l’horlogerie.
9 - L’aventure du chemin de fer.
10 - Pfetterhouse : village du front de 1914-18.
11 - Le baiser de la France : 19 novembre 1944.
12 - Pfetterhouse vaut le détour.


  • Agrippé au rebord Sud-Ouest du plateau sundgauvien, Pfetterhouse passe depuis toujours pour le village du bout du monde.

  • Lorsque l’on quitte la vallée de la Largue à Seppois-le-Haut pour grimper sur un plateau venteux et, qu’au bout de quelques kilomètres, on découvre les maisons perchées sur la ligne boisée de l’horizon, on a de la peine à imaginer qu’au-delà de cette localité encorsetée par une quadruple frontière (politique, géographique, linguistique et religieuse), il reste encore quelque chose à découvrir.

  • Culminant à 504 mètres d’altitude près de l’ancienne borne des Trois Puissances, le territoire de Pfetterhouse a été gratifié par la nature d’un climat rude, mais sain. Longtemps étape appréciée par les oies des neiges (Schneegans), lors de leur migration, le village n’a gardé que dans ses armoiries le souvenir de ces volatiles au plumage gris foncé qui venaient se reposer en masse près des étangs gelés, dès que les premières neiges de la fin de l’automne recouvraient son finage d’un manteau d’argent.

  • Mais Pfetterhouse n’est pas seulement le pays des Schneegans, c’est aussi un village qui a de quoi étonner tous ceux qui se donnent la peine de s’intéresser à lui.


1 - Un acte de naissance prestigieux.
  • Pfetterhouse existait probablement depuis des siècles déjà, quand enfin un document officiel a daigné faire état de son nom. La première mention d’un lieu constitue d’une certaine manière son acte de naissance. Une donation effectuée en 731 - 732 par le comte Eberhard en faveur de l’abbaye de Murbach cite le village de Petrosa qui possédait deux églises dédiées respectivement à la Vierge Marie et aux saints martyrs Dizier et Andoche. Les érudits identifient généralement Petrosa avec Pfetterhouse. Le nom latin de notre village signifie : « la voie pierreuse ». Mais depuis que l’archéologue Karl Gutmann a cru reconnaître des pierres provenant de Pfetterhouse dans les constructions de la station romaine de Larga, on peut également penser que Petrosa signifiait : « la voie menant à la carrière de pierres ». Quoi qu’il en soit, une chose est certaine : Pfetterhouse existait déjà à l’époque romaine et portait un nom. Plus tard, les Germains ajoutèrent au radical latin le suffixe germanique de –husen / hausen et Petrosa devint Pfetterhausen pour de longs siècles.

  • Le manuscrit sur lequel est rédigée la première mention de Pfetterhouse est considéré comme le plus vieux document conservé aux Archives départementales de Colmar.


2 - Les deux églises.
  • Les deux églises mentionnées par la donation du comte Eberhard restèrent en activité durant tout le Moyen Age.

  • Celle de Pfetterhouse-le-Haut, dédiée en 731-32 aux saints martyrs Dizier et Andoche se trouvait à l’emplacement de la maison située actuellement au n°2 de la rue de la Montagne. Deux murs de l’ancien sanctuaire sont encore en place. Sous l’influence de l’abbaye de Murbach, l’église passa sous le patronage de saint Léger. En 1194, Murbach vendit ses droits au prieuré de Grandgourt, relevant de l’abbaye de Bellelay, cette dernière les transmit à l’abbaye de Lucelle en 1629. Devenu, depuis la disparition du village de Gerschwiller, une simple chapelle consacrée à saint Nicolas, le sanctuaire fut vendu pendant la Révolution à un particulier qui le transforma en exploitation agricole. Le sanctuaire de Pfetterhouse-le-Haut avait servi d’église paroissiale aux habitants de Gerschwiller.

L'église du haut
  • L’église de Pfetterhouse-le-Bas se trouvait située 62 mètres en aval de la première, derrière l’actuelle école primaire. Elle se dressait sur un éperon rocheux dominant le confluent du Rosersbach et du Dorfbach. Elle demeura sous le patronage de la Vierge jusqu’à la fin du Moyen Age. Ensuite on la plaça sous le patronage de saint Antoine l’Ermite et enfin, en 1842, de saint Géréon, légionnaire romain martyrisé à Cologne.

L'église du bas
  • Depuis le Concordat de 1802, Pfetterhouse ne constituait plus qu’une seule paroisse. L’antique sanctuaire de Pfetterhouse-le-Bas étant devenu trop petit pour les besoins d’une population en augmentation constante. Le conseil municipal décida de construire un nouveau lieu de culte au centre du village, à l’emplacement de l’auberge de la Croix. Les travaux débutèrent en 1884 et le sanctuaire fut béni le 10 octobre 1888, jour de la fête patronale. Comme la nouvelle église ne possédait pas encore de clocher, on continuait de sonner les cloches de l’ancienne. Mais, comme on avait démoli la nef pour employer ses pierres à la construction d’un nouveau presbytère, une nuit de février 1897, l’antique clocher gothique s’écroula dans un grand fracas. Il fallut donc se hâter d’édifier le clocher de la nouvelle église. Ce fut chose faite en 1900.


3 - Le mystère de Gerschwiller.
  • Un grand nombre de lieux-dits rappellent le souvenir du village disparu de Gerschwiller. Cette localité, probablement fondée vers l’an 600 par les Francs, à l’ouest de Pfetterhouse, ne possédait pas d’église propre sur son territoire, mais dépendait de la paroisse de Pfetterhouse-le-Haut. Pendant tout le Moyen Age, les habitants de Gerschwiller durent venir assister aux offices ou enterrer leurs défunts sur la Montagne de Pfetterhouse. Un sentier, partiellement conservé jusqu’à nos jours, leur permettait de contourner le village, pas toujours accueillant, pour gagner leur église et leur cimetière.

  • Cité pour la dernière fois dans un document daté de l’année 1400, Gerschwiller disparut au début du XVème siècle dans des circonstances demeurées mystérieuses. les derniers habitants se seraient réfugiés à Pfetterhouse, y apportant notamment leurs droits communaux. Mais les anciens seigneurs les contestaient. Il y eut un procès de quatre siècles à propos de la forêt communale du village disparu. Celui-ci opposait Pfetterhouse successivement aux familles nobles de Morimont, Hagenbach, Breitenlandenberg et Gohr de Wattwiller. Finalement, sous la Restauration, la forêt fut partagée en deux parts égales, et la commune de Pfetterhouse obtint la partie sud appelée depuis ce temps le Gerschwillerwald.

Autel

4 - La guerre de Trente Ans.
  • Pendant la guerre de Trente Ans (1618-1648), le mercredi après Pâques de l’année 1633, une patrouille de sept soldats suédois, soit un cavalier et six fantassins, fit son entrée à Pfetterhouse sur l’heure de midi. Les militaires, depuis peu en garnison à Ferrette, venaient dans l’intention de rançonner la population et notamment de voler des chevaux. Mais les choses ne se passèrent pas comme la soldatesque l’avait imaginé. Les habitants défendirent leur bien. Ils refroidirent définitivement trois Suédois, tandis que des habitants de Bonfol, venus battre du grain au village, profitèrent de ce qu’ils tenaient un fléau entre les mains pour abattre un quatrième Suédois, qui d’ailleurs n’en mourut pas. Cet incident est le premier témoignage d’une coopération transfrontalière entre Pfetterhouse et Bonfol. Le 13 avril 1633, le village fut incendié en représailles. Il ne subsista que quelques murs calcinés et la silhouette du clocher. Quand la guerre fut achevée, en 1648, il fallut faire appel à des immigrants suisses et tyroliens pour reconstruire le village qui était passé, avec le reste du Sundgau, sous la souveraineté du roi de France.


5 - La Révolution.

  • La Révolution, qui fit tant de ravages ailleurs, ne provoqua aucun incident majeur à Pfetterhouse. Les archives locales ont conservés les documents qui permettent de suivre la succession des événements et la mise en place de la démocratie municipale. Le cahier de doléances se plaint surtout de la surcharge fiscale qui ruinait les finances de la commune. Malgré les persécutions religieuses qui sévissaient ailleurs, le culte catholique ne fut jamais interrompu à Pfetterhouse pendant tout le temps de la Révolution. Le curé Rodolphe Amen, originaire du village, prêta le serment Liberté-Egalité, puis se rétracta et reçut même une mission de l’évêque de Bâle en exil pour les villages francophones voisins.

En 1831

6 - La borne des Trois Puissances.

  • En 1871, quand le traité de Francfort eut cédé l’Alsace-Lorraine à la Prusse, Pfetterhouse se trouva placé à la rencontre de trois frontières. La borne des Trois Puissances matérialisant le point où la Suisse, la France et l’Allemagne se donnaient la main fut mise en place en 1890. Elle devint un lieu de rencontre et une aubaine pour les marchands de cartes postales. Des auberges-épiceries se fixèrent sur la frontière et la contrebande, un sport traditionnel dans la région, se développa comme une épidémie de rougeole.

La borne des 3 Puissances

7 - Joseph Meister et Louis Pasteur.
  • A Pfetterhouse, personne ne savait en juillet 1885, quand le savant français Louis Pasteur vaccina le petit Alsacien Joseph Meister contre la rage, que la famille du premier humain sauvé de la rage par la science était originaire du village. La famille Meister avait exploité, pendant près de deux siècles, le Moulin-du-Haut et en était devenue propriétaire sous la Révolution. Le père du petit Joseph était né le 17 janvier 1844 dans la maison se trouvant au n° 10 de la rue de Seppois.


8 - L’âge d’or de l’horlogerie.
  • Sous l’Empire allemand, et notamment de 1890 à 1914, Pfetterhouse vécut un véritable âge d’or à cause de sa situation à la rencontre de trois pays. En 1914, le village comptait près de 1400 habitants.

  • Un renchérissement des taxes douanières allemandes sur les montres, incita des horlogers suisses à venir s'installer à Pfetterhouse, car les droits d’importation sur les pièces détachées restaient modiques. En 1890, le Jurassien Clément Huelin ouvrit le premier atelier d’horlogerie au village. En quelques années, Pfetterhouse devint un important centre horloger suisse en terre allemande. Le recensement professionnel de 1907 dénombrait 52 ateliers d’horlogerie au village et 220 ouvriers employés à temps plein. En réalité, tous les habitants y travaillaient de près ou de loin pour la nouvelle industrie qui faisait couler une manne d’or sur le village quand les affaires allaient bien. Mais il y eut aussi des crises qui obligeaient les fiers horlogers à louer leurs bras aux paysans en attendant la reprise. Les pièces détachées (les ébauches) étaient importées du Jura suisse et remontées sur place. Mais peu à peu on se mit à produire également sur place des boîtes de montres, des cadrans et autres pièces. Bon an mal an, le village produisait près de 300 000 montres vendues dans l’ensemble de l’Empire allemand.


9 - L’aventure du chemin de fer.
  • Le développement industriel de Pfetterhouse incita l’administration allemande à construire le chemin de fer que la population locale réclamait depuis des décennies. Le 29 septembre 1910 fut inauguré le « train de la Largue », cette ligne à une voie reliait Dannemarie à Pfetterhouse. Mais elle fut immédiatement prolongée en direction de la Suisse. Le tronçon Pfetterhouse-Bonfol fut ouvert au trafic le 27 octobre de la même année. Ainsi le réseau alsacien était-il connecté à celui de la Confédération helvétique. La liaison Dannemarie-Porrentruy, via Pfetterhouse et Bonfol connut un succès foudroyant. La ligner sera supprimée en 1970.

La gare

10 - Pfetterhouse : village du front de 1914-18.
  • Malheureusement, le 7 août 1914, la guerre s’abattit sur Pfetterhouse comme un ouragan. A 7 h 45, les dragons français firent leur entrée au village qui célébrait la fête de l’Adoration perpétuelle. Les cavaliers, conduits par le sergent Grunfelder de Réchésy, provoquèrent la panique parmi la population. Il y eut 4 morts dans les rangs français. A partir de ce jour, les trains cessèrent de circuler. Les horlogers suisses regagnèrent leur pays. Les ébauches livrées ne furent jamais assemblées. L’âge d’or était définitivement révolu.

  • Après la mi-septembre, des douaniers français vinrent s’installer au village. Ils devaient patrouiller dans le secteur de la Largue. Le 7 octobre une de ces patrouille tira sur le Moulin-du-Bas et tua le femme du métayer suisse Brechbuhl et blessa mortellement un enfant. Les bâtiments furent incendiés trois jours plus tard. En octobre vinrent s’installer au village les territoriaux du 55° RIT sous les ordres du commandant Fleutiaux. Pfetterhouse était promu au rang de centre de résistance. En décembre le front se stabilisa sur la Largue et Pfetterhouse resta jusqu’à la fin du conflit le village sur le territoire duquel le front de l’ouest touchait la Suisse. L’école rouvrit en novembre, mais désormais la classe devait se faire en français. En février 1916, le village fut bombardé par l’artillerie allemande pendant plus d’une semaine, si bien que la population fut évacuée vers le pays de Montbéliard où elle demeura jusqu’au printemps 1919.

Guerre 14-18

11 - Le baiser de la France : 19 novembre 1944.
  • De 1940 à 1944, Pfetterhouse connut tous les désagréments de l’occupation nazie : perquisitions, réquisitions, dénonciations, déportations, incorporations de force… Heureusement que la proximité de la Suisse permettait aussi l’évasion. Plus de 40 personnes du village choisirent la fuite en territoire neutre pour se soustraire au joug nazi et surtout pour échapper à l’incorporation dans l’armée allemande.

  • Après quatre années de malheurs, enfin l’heure de la Libération sonna le 19 novembre 1944. Ce jour-là, à 13 heures 10, les chars du commandant Dewatre firent leur entrée à Pfetterhouse déserté par les Allemands qui avaient choisi de se regrouper sur la Largue, comme en 1914 ! Pendant que les combats faisaient encore rage près du transformateur électrique sur la frontière entre Réchésy et Seppois, les chars français traversaient déjà Pfetterhouse en direction de Moos.

  • Devant la maison Garneret, rue de la gare, la jeune Odile, 11 ans, tenait par la main son cousin, Jean Burner, âgé de 5 ans. Les premiers blindés venaient de passer, suivis par des camions et des véhicules divers. Soudain une traction Citroën noire s’arrêta au bord de la route, un officier en descendit et s’écria : « La première Alsacienne avec des yeux bleus et de grandes nattes blondes ! » Odile voulut fuir, mais le colonel et futur général Caldairou la retint et l’embrassa : « Ce soir, expliqua-t-il, nous serons au Rhin ! » L’ordonnance, un bel Africain, tendit une banane à Jean. Celui-ci vérifia d’abord si l’ébène du donateur n’avait pas déteint sur sa main, puis il voulut mordre à pleines dents dans le fruit exotique, ignorant qu’il fallait le peler. Pour la première fois de sa vie, il voyait un Africain et une banane.

  • Odile, qui était francophone, répondit aux questions de l’officier, et, en retour, apprit qu’elle se trouvait en face du commandant du CC3, celui qui le premier avait pénétré en Alsace. Pour le colonel Caldairou, libérateur du premier village d’Alsace en ce 19 novembre 1944 l’instant était inoubliable : il venait de poser le pied sur la terre d’Alsace et de serrer dans ses bras la première enfant de cette province chérie. Le général Caldairou reviendra à Pfetterhouse, le 19 août 1945, et, toute sa vie durant, il entretiendra une correspondance affectueuse avec Odile Garneret, sa filleule de la Libération.

La Libération

12 - Pfetterhouse vaut le détour.

  • Situé aux confins de l’Alsace, de la Suisse et de la Franche-Comté, Pfetterhouse semble se trouver au bout de tout et en même temps au centre de tout. Village aux richesses insoupçonnées et aux potentialités exceptionnelles, Pfetterhouse a de quoi étonner les plus exigeants. Et personne, après s’être aventuré dans ce creuset d’artistes, d’inventeurs et d’écrivains, ne dira que ce village ne vaut pas le détour !

Lavoir

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